Interview Marcel Desailly

Interview Marcel Desailly

Interview Marcel Desailly

Quel lien faites-vous entre le coaching sportif et le coaching professionnel ?

Comme dans l’entreprise, dans le coaching sportif, c’est le joueur qui détient les clefs de sa performance. Par contre, dans le football, il s’agit plutôt d’un coaching d’équipe. En effet, le football étant un sport collectif, les coéquipiers sont tous interdépendants.

Les joueurs n’ont pas besoin de grand discours, quelques mots suffisent, quelques clefs tactiques, des précisions, des détails et ils savent ce qu’ils doivent faire. Ce sont des professionnels.

Je vois néanmoins une différence notable avec le coaching professionnel. En effet, dans le football, le coach a la responsabilité de créer une compétition entre les joueurs. Il doit faire tourner les joueurs pour aligner la meilleure équipe le jour du match. La compétition est omniprésente entre les joueurs. Chacun veut être bon et ainsi gagner sa place.

Quel point commun voyez-vous entre coaching sportif et coaching en entreprise ?

Le point commun entre les 2 approches / les 2 univers : le footballeur comme le salarié doit être constamment stimulé.

Les séances d’entrainement doivent de ce fait être personnalisées et reposer sur la clarté des objectifs, la précision des consignes de jeux et une réelle dynamique, collective et individuelle. C’est dans ce contexte que le joueur sera performant.

Dans le football moderne, les joueurs sont ambitieux. L’obligation de performance est une constante. Je pense que dans l’entreprise aujourd’hui, la même obligation de performance existe.

Les footballeurs professionnels sont des compétiteurs avant tout, rompus dès leur plus jeune âge à cette notion. C’est un constat généralisé. Je ne sais pas s’il en est de même dans le monde de l’entreprise.

Certains salariés peuvent être ambitieux, voire être de vrais performers. Mais nous observons aussi des salariés qui le sont moins…

Marcel, quelles sont d’après vous les caractéristiques d’un bon coach ?

Un bon coach doit avoir la capacité à faire évoluer chaque individu au service de l’intérêt collectif. Il doit, pour chaque match, adapter la tactique, c’est à dire l’ingénierie de moyens qui concoure à la réussite. C’est un travail de précision. Ce travail de précision passe au quotidien, par l’accent porté sur les détails.

Le coach doit être réactif. Il ne doit jamais être pris au dépourvu. Il doit constamment avoir une longueur d’avance.

Le coach sportif doit toujours être dans la réflexion.
Il doit anticiper, prévoir le pire et toujours avoir la réponse à la question : “Que faisons-nous, si ça ne fonctionne pas ?“


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